La maison new-yorkaise **A Lab on Fire** évolue sur le terrain de la parfumerie de niche, là où le drôle et le sérieux ne s’excluent pas. Sur le marché russe, leur parfum phare est vendu sous le nom **What We Do In Paris Is Secret** — et le secret n’est pas la discrétion, mais une association de notes que la plupart des maisons n’oseraient pas exposer en vitrine.
Comment sent What We Do In Paris Is Secret
La formule a été écrite par Dominique Ropion — le même nez derrière des dizaines de compositions niche culte. L’ouverture joue sur le litchi et le miel blanc : une douceur sans sucre, collante mais transparente, éclairée par la bergamote. Au cœur, héliotrope et rose sur un coussin de vanille ; en fond, fève de tonka, baume de tolu, ambre et bois de santal. C’est un gourmand qui ne tombe jamais dans le dessert : au lieu de la crème brûlée, une cire tiède et une résine ; au lieu de la chantilly, la poudre terne de l’héliotrope.
À qui s’adresse le parfum d’A Lab on Fire
C’est une formule unisexe de 2012, sans attache de genre — à porter dans n’importe quelle direction. Elle convient à qui est lassé de la vanille franche et cherche une version plus chaude et plus dense, avec l’acidité fruitée du litchi et le poids résineux de la fève tonka. Une logique d’ouverture fruitée-musquée similaire se trouve dans **Fleur Narcotique**, de la maison Ex Nihilo, pour une autre adresse sur la même carte.
Avec quoi l’associer
What We Do In Paris Is Secret vit très bien seul — la densité du fond porte tout le sillage, inutile de superposer. Nous avons évoqué une idée voisine — une maison de niche qui tient sur un seul parfum fort plutôt que sur une longue gamme — dans « Juliette Has a Gun Not A Perfume : un parfum fait d’une seule molécule » (/journal/juliette-has-a-gun-not-a-perfume-aromat-iz-odnoi-molekuly).
Mieux vaut lui consacrer une soirée sans précipitation — rester assis à sentir son poignet, le temps que l’héliotrope se dépose en poudre tiède.